Compte-Rendu de la Formation Spécialisée Départementale du 19 mars 2026

Une dégradation annoncée des conditions de travail

Lors de la séance de ce jour, FO a fait une déclaration préalable percutante, soulignant la politique d'austérité qui frappe le secteur public. La répartition injuste des budgets, priorisant la défense ou les subventions aux entreprises privées sans contrepartie, porte atteinte à la qualité des services publics, notamment dans l'éducation. FO dénonce également la gestion calamiteuse des ressources humaines, où la pression sur les personnels est exacerbée par une réduction des moyens et des restrictions des droits (mutations, temps partiel, disponibilité, etc.).

Mutations : la carrière des personnels en péril

Les résultats des mutations interdépartementales du premier degré sont tombés, et ils révèlent une nouvelle réalité : les mutations sont de plus en plus difficiles, particulièrement pour ceux qui ne bénéficient pas d'une reconnaissance RQTH ou de liens familiaux solides. FO a mis en lumière le manque de postes disponibles pour répondre aux besoins réels, entraînant une pression supplémentaire sur les personnels qui ne peuvent pas muter. Ces derniers, souvent en souffrance (arrêts fréquents, mises en retrait), se retrouvent dans une impasse où les services doivent fonctionner avec moins de moyens et une réorganisation permanente. FO dénonce également les conséquences dramatiques sur l’accueil des élèves à besoins particuliers, avec des classes surchargées et une inclusion systématique rarement approriée. FO rappelle que l'éducation ne peut pas se résumer à une gestion comptable, surtout lorsque la santé et la sécurité des personnels sont en jeu.

L'attaque contre le Service Public : fermetures de classes et manque de personnel

Les 42 suppressions de postes annoncées en Gironde pour l’année 2026 sont un nouveau coup de massue sur un système éducatif déjà exsangue. FO a insisté sur le fait qu’aucune mesure concrète n’est prise pour compenser ces suppressions de postes, en particulier dans les écoles rurales et dans les établissements déjà fragilisés. La menace de fermetures de classes pèse sur l'ensemble des établissements, et FO n'a pas manqué de rappeler que ce n'est pas en fermant des classes (152 annoncées en première instance cette année!) qu'on résoudra les problèmes d'inclusion ou de prise en charge des élèves à besoins particuliers.

L'inacceptable maltraitance administrative : manque de reconnaissance et accusations infondées

Un autre point particulièrement fâcheux abordé a été la manipulation administrative autour des dénonciations calomnieuses de parents, avec des accusations infondées à l'encontre de personnels. FO a exprimé sa consternation face à des procédures internes qui traitent les enseignants comme des coupables avant même qu’une enquête sérieuse ne soit lancée. La parole des parents semble de plus en plus l’emporter sur celle des enseignants, et FO dénonce cette justice à deux vitesses, cette gestion administrative injuste, où les enseignants sont pris pour cible sans aucune protection réelle.

L'épuisement professionnel : un manque de considération systématique

Les conditions de travail des personnels se dégradent de jour en jour. FO alerte sur les effets délétères d'une hiérarchie déconnectée qui ne prend pas en compte les difficultés croissantes des enseignants. L'épuisement professionnel est une réalité vécue par de nombreux agents, accentuée par le manque de moyens pour faire face à l'inclusion des élèves à besoins particuliers. FO est formel : les enseignants ne sont pas des soignants, et ne doivent pas être réduits à pallier les carences d'un système éducatif en crise.

Les dossiers de santé : un service administratif saturé et fragilisé

FO a également souligné la désorganisation complète des services des affaires médicales. Les personnels administratifs sont insuffisants pour gérer l’afflux massif de dossiers (accidents de service, CLM, CLD, temps partiels thérapeutiques). Le manque de personnel dans ce secteur entraîne des retards considérables dans le traitement des dossiers, ce qui impacte directement les situations financières des agents. Des retenues de salaire injustifiées, ou des attentes interminables, aggravent la souffrance des personnels déjà fragilisés.

La gestion des risques thermiques : une inquiétude grandissante avec l'arrivée des beaux jours

FO a insisté sur le risque lié aux conditions climatiques de plus en plus extrêmes, avec des pics de chaleur qui risquent de mettre en danger la santé des élèves et des personnels. Le manque de réactivité de l'administration face à ces risques est inadmissible. FO réclame des mesures de protection réelles, à savoir l’aménagement des horaires de classe et la mise à disposition de moyens de refroidissement efficaces dans les établissements scolaires.

Budget des EPI : une obligation légale ignorée

FO a exigé que le budget pour les Equipements de Protection Individuelle (EPI) soit fléché spécifiquement dans le budget des établissements. L'administration a l'obligation légale de fournir des EPI adaptés aux risques auxquels sont confrontés les personnels. Il est inacceptable que l'on fasse passer cette question sous silence, au risque de mettre en danger la santé et la sécurité des agents.

DUERP : une mise en place inefficace et non respectée

Concernant le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels), FO a dénoncé l'inefficacité de sa mise en place dans de nombreux établissements scolaires. Ce document, qui est une obligation légale, reste inexistant ou obsolète dans trop d’établissements, exposant ainsi les personnels à des risques non identifiés et non maîtrisés. FO a exigé une véritable politique de suivi pour s’assurer que chaque établissement respecte cette obligation de mise en place et de mise à jour du DUERP. La sécurité des agents ne doit pas être laissée à la bonne volonté des chefs d’établissement.

Conclusion : FO ne cède pas sur la protection des personnels

FO a fait entendre une voix forte lors de cette séance, dénonçant l'injustice, l'inefficacité administrative et l'insuffisance des moyens alloués à l'Education. Les personnels ne peuvent plus accepter cette situation qui met leur santé et leur sécurité en péril. FO continue à se battre pour des conditions de travail dignes et pour que l’administration prenne ses responsabilités en matière de santé et de sécurité au travail.

 

 

 

 

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